Portrait de Jane Eakin, biographie d’une vie vouée à la peinture
A portrait of Jane Eakin, a biography of a life dedicated to the painting

Américaine, très jeune, les arts l’attirent et malgré une famille inquiète de cet engouement, Jane s’entêtera, car elle sait que là est sa voie. Après des études d’art, elle sera tout d’abord illustratrice pour un grand magazine à New York et participera à de nombreuses éditions. Elle se tournera aussi vers l’enseignement.
Mais la France l’attire et Paris, dont la vie artistique est si intense dans cet après-guerre, nourrit toutes ses envies.
Jane Eakin was american, and she’s been attracted by arts since her childhood. Despite her family was concerned about this interest, Jane Eakin persisted as she knew it was her destiny. After her studies, she worked as an illustrator for a major magazine in New York and contributed to numerous editions.
She also worked as a teacher.
De nombreux peintres, écrivains, photographes s’y pressent aussi venant de tous horizons. C’est ainsi qu’elle rencontrera de Chirico, Alice Toklas, Gertrude Stein, mais la rencontre la plus déterminante sera celle avec Joe Downing, américain lui aussi et arrivant en soldat pour libérer la France. Habitant le même immeuble et vivant déjà entièrement pour leur art sans beaucoup de moyens comme la plupart des peintres de cette époque, ce sera le début d’une très longue amitié, d’un soutien mutuel dans les bons comme les mauvais moments.
Jane épousera un journaliste économique, mais ce mariage la lassera. Très belle, intelligente, pleine d’esprit, un prince cambodgien tombera amoureux d’elle. Mais l’homme qui marqua sa vie fut Isaac Stern.
But she was fascinated by France and in particular by Paris, where artistic life was so intense after war. Many painters, writers and photographers also arrived in Paris at the same time, from many different backgrounds. It was there where she met Chirico, Alice Toklas and Gertrude Stein. But her most important encounter was with Joe Downing, who was also American and came as a soldier to liberate France. They were neighbours, and were living entirely for their art, even though they earned very little, like most of their contemporaries. It was the beginning of a very long and supporting friendship, through good times and bad times.
Elle parcourut le monde avec lui au gré de ses concerts. Sa rupture fut si dramatique pour elle, qu’elle eut soudain le besoin de quitter Paris. Joe lui parla de Ménerbes où il venait d’acheter une maison. Ce fut un éblouissement. Elle y revint souvent et enseigna la peinture à l’école de Lacoste. Puis elle acquit une maison non loin de celle de Joe, rue Sainte-Barbe.
Lorsqu’on regarde son œuvre, on s’aperçoit à quel point cette arrivée en Provence a ensoleillé sa palette, dominée par la nature omniprésente. D’une palette très urbaine, de portraits en intérieurs, des rues de Paris au cirque et aux zoos, Ménerbes effectuera dans son œuvre un véritable transfert vers ce qui jusqu’à présent dans ses toiles n’était que détails : les fleurs, les fruits colorés, les visages et les corps généreux baignés de soleil. Gaie, lumineuse, son œuvre lui ressemble, transmettant beauté et joie de vivre dans un monde paisible, réconfortant et généreux. Elle aimait s’entourer de ses nombreux amis ménerbiens, comme de personnalités anglaises ou américaines qui lui rendaient chaque année visite.
Des expositions ponctueront ce parcours de trente années passées en Provence, mais c’est souvent chez elle, dans son atelier, qu’elle aimera surtout recevoir amis et collectionneurs. Elle continua à peindre, à s’enthousiasmer pour tout ce qui touche à l’art, jusqu’à ses derniers instants, peignant dans sa chambre, près de son lit, où la maladie la contraignait de rester.
Jane married a journalist but she grew tired of this relationship. Because she was beautiful, intelligent and clever, a Cambodian prince fell in love with her.But the relationship that had the deepest impact on her life was that with the great violonist Isaac Stern. She travelled the world with him during his concert tours. The breaking of this relationship was so difficult for her, that she was compelled to leave Paris. Joe Downing introduced her to Menerbes, where he had just bought a house. She immediately fell in love with the village. She came back often and taught painting at the Art School in Lacoste. She eventually bought a house, near Joe Downing’s, on Saint Barbe street.
When we look at her works, we can see how much her arrival in Provence illuminated her paintings, dominated by omnipresent nature. Before her arrival, she worked in a palette influenced by the interiors, streets, zoos and circus of Paris. Menerbes brought about a dramatic shift towards what previously had been only incidental details: fruits, flowers, faces, and bodies bathed in the sun. Cheerful, bright, her work looks like her, showing beauty and happiness in a quiet, comforting, generous world. She loved being surrounded by all her menerbian friends, and by illustrious visitors who came from America or England to visit her every year.
Her paintings were seen in several exhibitions during her 30 years in Provence, but she especially liked to receive friends and collectors in her studio. She continued to paint and she retained her enthusiasm for the arts, even in her last moments, painting in her bedroom, near her bed, where she was constrained by her illness to stay.
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